Management du bonheur : le nouveau sésame pour guérir du stress professionnel ?

Le stress est sans doute le risque psychosocial le plus répandu dans le milieu professionnel aujourd’hui, qui assombrit l’existence de centaines de millions d’actifs dans le monde entier. On connaît moins en revanche les solutions pour y remédier. Du moins était-ce vrai jusqu’à l’avènement des « managers du bonheur », qui apportent une solution originale à un problème connu de longue date.

Le stress, maladie des temps modernes

Cela fait des dizaines d’années que les entreprises et les collaborateurs sont aux prises avec la question du stress, au point qu’un rapport de l’ONU datant de 1992 en a fait « la maladie du XXe siècle ». Tristement, les choses n’ont pas beaucoup évolué au XXIe siècle. Selon des travaux menés aux États-Unis, 80 % des salariés souffriraient de problèmes de stress au travail et près de la moitié d’entre eux avouent avoir besoin d’aider pour y faire face. Selon une autre étude , 65 % des actifs jugent que leur stress professionnel a engendré des difficultés dans leur vie. Et si les salariés sont les premiers à en pâtir, les entreprises subissent elles aussi de plein fouet le contrecoup du stress : absentéisme, accidents du travail, turnover, pertes de productivité, contentieux et primes d’assurance médicale, indemnisation…

Un collaborateur heureux est un collaborateur productif
Le stress a de nombreuses causes, parmi lesquelles l’insécurité de l’emploi, les heures supplémentaires, le manque de perspectives professionnelles, l’absence de reconnaissance et les bas salaires. A contrario, les travaux menés par l’American Psychological Association ont montré que les collaborateurs qui se sentaient valorisés par leur employeur étaient moins exposés au stress et plus enclins à s’impliquer dans leur travail et s’y épanouir. Des études menées par Harvard/MIT parviennent aux mêmes conclusions : un collaborateur heureux, c’est 31 % de productivité en plus, deux fois moins de risques de maladie, six fois moins d’absentéisme et 55 % de créativité en plus . Une étude plus vaste menée par l’Université de Warwick établit aussi une corrélation nette entre productivité et bonheur des collaborateurs, ainsi la satisfaction au travail a grimpé de 37 % chez Google après le renforcement des dispositifs d’accompagnement en faveur des collaborateurs .

Une palette d’options pour être bien dans sa peau
Cette corrélation entre moral des collaborateurs et performance au travail est aujourd’hui mise en lumière par la vogue grandissante du management du bonheur. Sa vocation ? Trouver des solutions sur mesure pour aider les collaborateurs ou les équipes à se sentir heureux au travail. Le management du bonheur consiste à prendre en main l’organisation d’activités de team-building ou de divers événements sociaux, sur site ou délocalisés, et d’assurer un coaching à l’échelon individuel ou collectif… mais aussi d’aider les nouvelles recrues à prendre leurs marques, d’accompagner les programmes de changement et d’aider les collaborateurs à gérer leur stress. Parallèlement, cette philosophie du bonheur en entreprise doit aussi servir à encourager une certaine hygiène de vie. Bien évidemment, les employeurs ont un rôle à jouer : offrir aux collaborateurs les moyens de manger équilibré, de moduler leurs horaires de travail et de se relaxer grâce à des exercices physiques tel que le yoga, la méditation, qui sont autant de leviers pour y parvenir.

Le management du bonheur suscite un tel engouement que de plus en plus d’entreprises dans le monde se dotent aujourd’hui officiellement d’un CHO, ou Chief Happiness Officer : ces M. ou Mme Bonheur sont expressément nommés pour faire régner une ambiance positive, chaleureuse et conviviale au travail et être à l’écoute des collaborateurs. Selon un spécialiste du recrutement, les créations de postes de CHO ont bondi en France de 967 % entre 2014 et 2016 et selon un sondage réalisé en Australie , 79 % des personnes interrogées étaient favorables à la création de ce type de poste au sein des entreprises nationales.

À défaut mais dans la même optique, les entreprises peuvent faire appel temporairement à des prestataires spécialisés en management du bonheur. Les bénéfices de ce type de démarche se traduisent par la progression des ventes, la forte augmentation de bénéfices (WooHoo Inc. au Danemark) et la pulvérisation d’objectifs-cibles , avec des pourcentages à deux chiffres (Feel Good Leadership au Royaume-Uni). Aux États-Unis, des cabinets de conseil comme Delivering Happiness (voir ci-dessous) peuvent accompagner les entreprises dans la mise en place de services de bien-être qui procurent une série d’avantages aussi bien pour l’entreprise que pour les collaborateurs .

Mais recruter un professionnel dédié ou faire appel à un prestataire ne convient pas nécessairement à toutes les organisations. Les managers déjà en place disposent également de tout une palette d’initiatives pour promouvoir le bonheur en entreprise.

Encadré interview
Instituer le bonheur en entreprise
Réenchanter le monde du travail : c’est le fonds de commerce de Jenn Lim, PDG et cofondatrice de Delivering Happiness, une entreprise de coaching et de conseil en bonheur dans l’entreprise. Son travail est inspiré du best-seller « Delivering Happiness », de Tony Hsieh, le PDG de Zappos, dans lequel il explique l’art de transformer le facteur bonheur en levier de performance pour l’entreprise.
Qu’est-ce que le management du bonheur et comment peut-il agir sur le bien-être des collaborateurs ?
Le management du bonheur consiste à inscrire le bonheur et le bien-être des collaborateurs dans la culture de l’entreprise. Sa contribution première ? Il soulage le stress et promeut un meilleur équilibre travail/vie privée. Favoriser une culture du bien-être permet aux collaborateurs de prendre soin d’eux, d’apporter leur énergie et leur positivité à leur équipe, et d’en prolonger également les effets dans l’expérience client, que ce soit en B2C ou en B2B. Chez Delivering Happiness, nous intégrons également des aspirations plus profondes au modèle d’entreprise de nos clients, car nous savons que c’est l’une des principales sources de motivation des collaborateurs, de performance et de fidélité.

Comment introduire cette culture dans l’entreprise ?
Tout changement de culture nécessite au démarrage une impulsion de la direction. La réussite du management du bonheur repose sur son acceptation par l’ensemble de l’organisation, quelque que soit le niveau hiérarchique. Après cette phase d’acceptation et d’alignement de tous. Une feuille de route doit être établie afin de définir les besoins et les objectifs de son déploiement. C’est souvent là que le bât blesse car beaucoup d’entreprises ont du mal à traduire en actions ce qu’elles clament avec tant de conviction. Après un déploiement réussi, il est primordial d’évaluer la portée des changements à l’aune d’indicateurs de performance pertinents mesurant le bien-être et l’engagement, mais aussi d’investir dans des solutions pour pérenniser cette culture, à travers des ateliers, du coaching, des actions d’intégration, etc.

Pourriez-vous nous donner un exemple de cette phase de mise en œuvre pour les collaborateurs ?
Nous nous familiarisons avec les valeurs fondamentales de l’organisation pour identifier les comportements qui les sous-tendent. Par exemple, si l’une de ces valeurs est la transparence, nous réfléchissons à comment les collaborateurs peuvent interagir en faisant preuve de transparence… Ces derniers commencent ainsi à INCARNER les valeurs de l’entreprise au lieu de simplement les clamer. Plutôt que d’adhérer à ses valeurs par la pensée, il est important de les ancrer dans les habitudes et les pratiques pour soutenir le management du bonheur.

Comment faire comprendre aux collaborateurs que leur opinion est compris et valorisé ?
Cela s’inscrit dans le changement de culture. Dans la plupart des organisations, les collaborateurs ont le sentiment de n’avoir pas voix au chapitre. Prendre le temps d’écouter ce que les collaborateurs ont à dire, concernant leur poste ou la culture de l’entreprise, permet d’identifier des opportunités d’amélioration. Cette démarche d’écoute active peut prendre la forme de sondages et de conversations au quotidien. Mais la crédibilité de la démarche reposera in fine aux yeux des collaborateurs sur ce que l’employeur fera des renseignements ainsi glanés.

Les entreprises sont-elles toutes concernées au même titre, quels que soient leur taille, leur secteur d’activité ou leur pays ?
Le bonheur et le bien-être au travail sont essentiels dans toute entreprise, avant tout du fait de leur incidence sur la productivité, le turnover et même les primes d’assurance-maladie. En 2016, le coût du stress professionnel pour les entreprises a été estimé à 300 milliards de dollars par an. Quelle que soit sa taille, ce manque à gagner peut potentiellement peser sur la rentabilité et ralentir la courbe de croissance d’une entreprise. Les clients de Delivering Happiness sont issus de secteurs divers et variés : qu’ils officient dans le tourisme ou le secteur médical, nos clients ont compris que le bien-être et l’engagement doivent s’enraciner dans une culture pérenne.

Comment les ONG peuvent-elles attirer et fidéliser les meilleurs talents?

Le Blog de la Qualité de vie

16.10.2018

Comment les ONG peuvent-elles attirer et fidéliser les meilleurs talents?

Les grandes entreprises et les administrations publiques sont peut-être les contributeurs les plus importants aux économies nationales, mais nul ne peut nier l'importance des près de 10 millions d'organisations non gouvernementales (ONG) que compte le monde. En 2012, aux États-Unis, 11,4 millions de personnes travaillaient pour plus de 1,4 million d'ONG , tandis que l'Europe compte 148 000 fondations d'utilité publique, qui dépensent près de 60 milliards d'euros par an…

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